Il y a des parfums qui cherchent à être beaux, d’autres qui cherchent à être séduisants. Et puis il y a ceux qui jouent sur un levier beaucoup plus puissant : la mémoire.
Parce que certaines odeurs ont un pouvoir presque immédiat. Elles court-circuitent l’analyse et déclenchent directement une image, une scène, un moment précis. Une salle de classe. Une trousse ouverte. Un bonbon trop sucré qu’on gardait longtemps en bouche.
Avec Colle Nacarat, la maison Yzkïne s’aventure exactement sur ce terrain-là : celui des souvenirs olfactifs d’enfance. Un parfum qui ne cherche pas à sentir “riche”, mais familier. Intime.
Et sur ma peau, il a réveillé un souvenir TRÈS précis, et une douce madeleine de Proust : les sucettes rouges en forme de cœur au goût chimique et addictif que je mangeais enfant.

Le bonbon de la cour de récré
Dès les premières secondes, j’ai été projetée ailleurs. Pas dans un salon feutré. Pas dans une pâtisserie chic.
Mais dans la cour de mon école primaire.
Cette ouverture fruitée, cerise noire et grenade, a quelque chose de vif, presque sucré-acidulé, exactement comme ces sucettes en forme de cœur qu’on achetait enfant.
Vous voyez exactement lesquelles. Rouges, brillantes, qui laissent la langue toute rouge et un peu trop sucrées.
Il y a cette même sensation de sucre qui colle légèrement aux doigts.
Puis arrive l’accord signature : la colle blanche, légèrement amandée. Et là, le parfum bascule dans quelque chose de complètement régressif, et « chimique ».
C’est étrange, addictif, presque déroutant au début.
Mais très vite, on comprend ce que fait le parfum : il recrée cette odeur douce et plastique de l’enfance, entre bonbon, colle d’école et jouets.
Le fond, avec le patchouli, l’ambroxan et les muscs, vient donner de la structure pour éviter que tout ne parte dans le gadget.
Résultat ? Quelque chose d’ultra singulier. À mi-chemin entre bonbon, souvenir et peau propre.
Le facteur nostalgie : pourquoi ces parfum nous touchent autant
Si vous avez lu mes chapitres de Scent 101, vous savez déjà que l’odorat est le seul sens connecté directement au système limbique, la zone du cerveau qui est impliquée dans la mémoire et les émotions.
C’est donc pour ça qu’une odeur peut nous renvoyer instantanément à une scène très précise de notre enfance, souvent avec une intensité presque brutale.
En parfumerie, on appelle souvent ce type de création des parfums “doudous”. Des fragrances construites autour de notes rassurantes ou régressives : colle, bonbon, poudre, lait, plastique, capables de déclencher un sentiment immédiat de confort et de familiarité.
Ce ne sont pas forcément les parfums les plus “beaux”. Mais ce sont souvent les plus émotionnels.
Mon verdict ?
Pour moi, Colle Nacarat est un parfum conceptuel, presque expérimental.
Ce n’est pas du tout un parfum qui cherche à sentir “riche” ou “séduisant”. C’est un parfum qui cherche à réveiller une mémoire. Et pour moi, ça marche totalement.
Parce que derrière l’accord colle/amande et les fruits rouges, il y a quelque chose d’extrêmement précis : l’odeur sucrée des sucettes en forme de cœur de l’enfance, mélangée aux souvenirs d’école.
C’est étrange. Régressif. Addictif. 10/10.
