À PROPOS

On dit que les vocations se décident. Pas la mienne. 

Le parfum m’a attrapée avant même que je comprenne ce que je poursuivais.

Cette passion a commencé à l’école. Pendant que certains préféraient manger leurs crottes de nez, moi, je mélangeais mes feutres parfumés : menthe, réglisse, fraise, melon, cannelle. Je testais des accords improbables, persuadée qu’une odeur pouvait raconter quelque chose, même sans être jolie, même sans plaire.

Peinture de Cleopatra John William Waterhouse (1849–1917)

Puis il y a eu les études. La neuropsychologie. Le cerveau, la perception, la mémoire, les émotions. Et une intuition devenue évidence : le monde olfactif et le monde cognitif ne sont pas deux univers parallèles. Ils sont emmêlés, interdépendants. Sans perception, pas de réalité. Sans cognition, pas d’odeur. Sans ce lien intime entre sentir et comprendre, le monde n’existe tout simplement pas.

Avec le recul, je réalise que rien n’a vraiment changé. Je continue à mettre mon nez là où il ne faut pas. Par curiosité, par envie de comprendre ce qui se cache derrière chaque senteur, mais aussi derrière ce qu’elle déclenche en nous.

Perfume for Dummies est né de cet endroit précis : là où l’olfactif rencontre le cognitif, là où l’expérience sensorielle devient un outil pour penser le monde. C’est aussi un fruit d’amour pour l’impertinence et les bonnes odeurs. Un clin d’œil à l’anglais et à ce mot “smell”, qui sert à la fois à sentir et à puer.

Un titre volontairement plat et insolent, pour un univers infiniment complexe.

Ce projet n’a pas vocation à enseigner ni à dicter. Il cherche plutôt à partager, à entrouvrir une porte, à servir de lampe torche dans cet univers sombre et mystérieux que sont les odeurs. À montrer surtout que la parfumerie peut s’explorer sans protocole, sans révérence, sans badges d’initiés.

Un anti-manuel, pour mieux comprendre, explorer, et surtout, sentir.