PERFUME FOR DUMMIES


À PROPOS


On dit que les vocations se décident. Pas la mienne. Le parfum m’a attrapée avant même que je comprenne ce que je poursuivais.

Tout a commencé à l’école primaire. Pendant que d’autres perfectionnaient leur art de dégustateurs de crottes de nez, je m’acharnais à mélanger mes feutres parfumés : menthe, réglisse, fraise, cannelle, persuadée qu’une odeur pouvait raconter une histoire, même sans chercher à plaire.

Avec le recul, je réalise que rien n’a vraiment changé : je continue à suivre les odeurs par curiosité, par instinct, par pure obsession.

Aujourd’hui, je travaille dans ce domaine : celui des odeurs, de leurs histoires, de leurs effets. Et plus j’avance, plus j’ai envie de lever le voile sur cet univers longtemps présenté comme inaccessible : un monde qui adore se cacher derrière le secret, le jargon et le mythe, alors qu’en réalité il peut se raconter simplement, sans protocole, sans badges d’initiés.

Perfume for Dummies, c’est ça : un espace libre, un anti-manuel joyeusement impertinent pour toutes celles et ceux qui veulent explorer la parfumerie sans révérence, sans codes, sans passer par la case « stage chez Givaudan ». Un hommage grinçant à l’anglais, cette langue bête qui utilise le même mot, smell, pour sentir, et pour puer.

Un titre volontairement plat, presque insolent, pour un sujet infiniment complexe et fascinant.

Le parfum est l’un des langages les plus anciens de l’humanité. Avant même les mots, il y avait les odeurs : signaux de survie, messages d’amour, traces de territoires. L’odorat, notre sens le plus primaire, parle directement à la mémoire et aux émotions.

Ici, pas de jargon inutile, pas de snobisme, ni de discours parfumés à la vanille marketing. Juste de quoi entrouvrir une porte, allumer une lampe torche dans ce monde qui adore l’obscurité et le secret.

Je ne promets pas de faire de vous des parfumeurs en trois articles, mais vous ne lèverez plus jamais un sourcil paniqué face à des expressions fumeuses comme « essence précieuse cueillie à l’aube » ou « sensualité boisée ».

Car le parfum n’est pas qu’une affaire de “sentir bon”. C’est un langage instinctif, une science sensible, un outil culturel, émotionnel et politique. Il façonne nos mémoires, influence nos comportements, fabrique des mythes. Il se glisse dans nos désirs, nos identités, nos récits.

Perfume for Dummies existe pour ça : désapprendre pour mieux sentir. Réapprendre à faire confiance à son nez, à lire entre les lignes. Comprendre les stratégies, les imaginaires, les réflexes qu’on ne questionne plus. Explorer les odeurs sans protocole, sans hiérarchie, et surtout, avec le nez en avant.